Unité de passage en ERP : pourquoi 2 UP exigent 1,40 m et non 1,20 m

ERP unité de passage : 2 UP exigent 1,40 m, vérification en ERP

Publié par : — Rédactrice spécialisée en travaux

Dans un établissement recevant du public (ERP), l’unité de passage sert à dimensionner les dégagements nécessaires à l’évacuation. Sa valeur de base est de 0,60 m, mais une largeur de 1 UP doit être portée à 0,90 m, et celle de 2 UP à 1,40 m. Pour vérifier un local, il faut donc croiser trois éléments : l’effectif à évacuer, le nombre de dégagements exigés et leur largeur réglementaire.

Les largeurs à retenir avant de mesurer vos dégagements

L’unité de passage, abrégée UP, est une unité réglementaire de largeur. Elle s’applique aux dégagements : portes, sorties, circulations, escaliers et autres cheminements permettant aux occupants de quitter les locaux. Ce n’est ni une mesure de surface ni un nombre fixe de personnes pouvant franchir une porte à chaque seconde.

Calcul du nombre d’unités de passage selon l’effectif

Calcul indicatif fondé sur la règle générale mentionnée à l’article CO 38.

Saisissez un effectif strictement supérieur à 100 personnes.

Nombre total d’unités de passage

—

La formule apparaîtra après le calcul.

Nombre minimal de dégagements

—

La formule apparaîtra après le calcul.

Règles appliquées

Unités de passage : arrondi à l’entier supérieur de l’effectif divisé par 100, avec une unité supplémentaire lorsque l’effectif est inférieur à 501 personnes.

Dégagements : 2 jusqu’à 500 personnes ; 3 de 501 à 1 000 personnes ; puis une unité supplémentaire par tranche de 500 personnes ou fraction au-delà de 1 000 personnes.

L’article CO 36 du règlement de sécurité des ERP fixe une largeur type de 0,60 m par unité de passage, avec deux majorations essentielles. Les valeurs de 0,90 m et de 1,40 m sont des exigences réglementaires, et non de simples recommandations de confort.

Nombre d’UPLargeur réglementaire correspondanteCalcul à retenir
1 UP0,90 mMajoration de la largeur type
2 UP1,40 mMajoration de la largeur type
3 UP1,80 m3 × 0,60 m
4 UP2,40 m4 × 0,60 m
5 UP3,00 m5 × 0,60 m

Une ouverture de 1,20 m ne constitue donc pas un dégagement de 2 UP. Inversement, additionner plusieurs largeurs ne suffit pas à démontrer la conformité : chaque dégagement doit respecter les exigences qui lui sont applicables, et leur répartition doit permettre une évacuation effective.

Calculer les besoins : distinguer nombre de sorties et nombre d’UP

Le calcul commence par l’effectif réglementaire à évacuer, déterminé selon l’activité et les dispositions propres au type d’ERP. Il ne correspond pas nécessairement à la fréquentation habituelle observée. Le personnel doit également être pris en compte selon les règles applicables à l’établissement et à ses dégagements.

Infographie sur l’ERP unité de passage et les largeurs réglementaires de 1 à 4 UP
Infographie sur l’ERP unité de passage et les largeurs réglementaires de 1 à 4 UP

La méthode générale au-delà de 100 personnes

Dans le champ d’application des dispositions générales de l’article CO 38, au-delà de 100 personnes, le nombre total d’UP est calculé à raison d’une unité pour 100 personnes ou fraction de 100 personnes. Lorsque l’effectif est inférieur à 501 personnes, une unité supplémentaire est ajoutée au résultat.

Le nombre de dégagements se calcule séparément : jusqu’à 500 personnes, deux dégagements sont prévus dans cette tranche d’effectif ; au-delà, un dégagement supplémentaire est exigé par tranche de 500 personnes ou fraction de cette tranche. Ces règles doivent être confrontées aux dispositions particulières de l’établissement.

Effectif étudiéCalcul des UPNombre de dégagements selon la règle générale
150 personnes2 + 1 = 3 UP2
300 personnes3 + 1 = 4 UP2
500 personnes5 + 1 = 6 UP2
600 personnes6 UP3

Pour 300 personnes, deux dégagements de 2 UP représentent ainsi une répartition possible des 4 UP, soit deux largeurs de 1,40 m. Ce résultat reste à vérifier au regard de leur implantation, des cheminements et des prescriptions particulières. Au-dessus de 200 personnes, les dégagements normaux ne peuvent pas avoir une largeur inférieure à 2 UP dans le cadre de ces dispositions.

Les petits effectifs et les ERP de 5e catégorie

Pour 100 personnes ou moins, il ne faut pas prolonger mécaniquement la formule précédente : l’article CO 38 prévoit des configurations spécifiques selon les tranches d’effectif, avec, dans certains cas, un dégagement accessoire. Les ERP de 5e catégorie relèvent quant à eux de dispositions spécifiques, notamment l’article PE 11. Un tableau général ne remplace donc pas l’identification du régime applicable.

Vérifier le cheminement entier, pas seulement la porte de sortie

Une sortie suffisamment large ne corrige pas un couloir trop étroit en amont. Il faut examiner la continuité du parcours depuis les espaces occupés jusqu’à l’extérieur, en tenant compte des personnes qui empruntent chaque portion. Pour les escaliers, la distribution des effectifs entre niveaux et les règles propres à leur calcul demandent une vérification dédiée.

À la manière d’une lentille qui concentre des rayons, un hall peut faire converger plusieurs flux vers un seul passage. Sur un plan, tracez les parcours depuis chaque salle, puis repérez leurs points de convergence : une porte commune peut recevoir davantage de personnes que chacune des portes situées en amont. Cette lecture révèle les étranglements qu’un simple relevé de largeurs, pièce par pièce, laisse facilement passer.

Mesurer les passages et identifier les obstacles

Ne confondez pas la dimension commerciale d’un bloc-porte avec la largeur réglementaire du passage. Vérifiez la configuration réelle des vantaux, les équipements et les conditions d’ouverture. Un meuble, un stockage temporaire ou un dispositif de contrôle d’accès peut compromettre un dégagement pourtant correctement dimensionné sur les plans.

L’article CO 37 encadre les saillies : certaines sont admises jusqu’à une hauteur de 1,10 m, dans la limite de 0,10 m de chaque côté pour les dégagements d’au moins 2 UP. Cette tolérance est conditionnée ; elle ne permet pas de justifier n’importe quel obstacle ou rétrécissement.

Ne pas compter toutes les issues de la même façon

Le dégagement normal entre dans le minimum réglementaire exigé. Le dégagement accessoire intervient dans les configurations prévues par les textes ; le dégagement supplémentaire s’ajoute aux minima. Un dégagement de secours n’est pas utilisé en permanence pour des raisons d’exploitation. Ces qualifications ont des conséquences : une porte repérée « secours » ne devient pas automatiquement une sortie comptabilisable dans tout calcul.

Les textes à consulter et les vérifications avant travaux

La référence centrale est l’arrêté du 25 juin 1980 modifié, portant approbation des dispositions générales du règlement de sécurité contre les risques d’incendie et de panique dans les ERP. Consultez sa version en vigueur sur Légifrance, puis les dispositions particulières correspondant à votre activité.

  • CO 34 et CO 35 : terminologie et conception des dégagements.
  • CO 36 : unités de passage et largeurs.
  • CO 37 : saillies et dépôts.
  • CO 38 : calcul des dégagements.
  • CO 41 : dégagements accessoires et supplémentaires.
  • PE 11 : dégagements des établissements relevant des dispositions de 5e catégorie.

Les exigences d’accessibilité doivent être vérifiées en parallèle : une largeur conforme au calcul des UP ne prouve pas, à elle seule, la conformité de l’ensemble du cheminement. Distances à parcourir, répartition des sorties, protection des escaliers et ouverture des portes constituent également des points de contrôle.

Avant un changement d’activité, une hausse de capacité ou une modification des cloisons, rassemblez les plans cotés, le classement de l’ERP, les effectifs par local et par niveau, ainsi que les prescriptions antérieures. Faites vérifier le projet par un professionnel compétent en sécurité incendie et engagez les démarches administratives nécessaires. Une éventuelle dérogation exige une procédure formelle : elle ne se déduit jamais d’une contrainte de bâtiment existant.

Le bon réflexe consiste à valider ensemble l’effectif, le nombre d’issues, leurs largeurs et la continuité des parcours. Cette démarche évite qu’un calcul juste sur le papier masque une évacuation mal organisée sur le terrain.

Élodie Kerbrat

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